Nous vous proposons une traduction et des commentaires succincts de ce traité classique de Hatha-Yoga qui est l’un des textes fondamentaux de cette discipline.
L’intérêt de faire référence aux textes traditionnels est grand. Ils permettent de ne pas nous fourvoyer et de voir, sans fantaisie, ce qu’est le Yoga.
Ils indiquent clairement le chemin et donnent, dans les grandes lignes, les outils exacts qui servent, sur ce chemin, de véhicule.
Bien sûr ils doivent être interprétés. Cette interprétation devient le manuel d’utilisation et apporte les éclaircissements nécessaires.
Il est exact que l’on doivent les considérer comme des aides mémoires, l’essentiel devant rester l’enseignement oral. La difficulté sera de trouver quelqu’un capable techniquement et personnellement d’en donner les clés. Il ne pourra s’agir que de quelqu’un ayant lui-même reçu cet enseignement.
La connaissance du Yoga, quand bien même n’est-elle qu’intellectuelle au début, nous permet de ne pas nous laisser avoir par n’importe quel maître, guru, professeur qui s’est auto-initié et enseigne plus ses initiatives ou impulsions personnelles que la voie elle-même dans tout son déconditionnement et sa légèreté. Ils nous montrent à quel point les mélanges sont inutiles et pernicieux, tellement est complète la proposition du Yoga.
Ces textes donnent des techniques, une méthodes, des conseils, suffisamment précis pour nous indiquer ce qu’est le yoga et, à fortiori, ce qu’il ne peut pas être.
Le Goraksha-paddhati est un texte de l'école nâtha écrit par Gorakshnâtha. C'est un exposé des principes de base du hatha-yoga, présenté comme une méthode tantrique d'éveil de l'énergie Kundalinî.
Bien qu'ils soient anciens, l'intérêt et l'actualité des textes traditionnels demeure. En effet, même s'ils ne sont pas toujours précis et complets, souvent volontairement d'ailleurs, ils exposent la trame philosophique et technique d'une méthode. On les considère comme le support d'un enseignement oral direct. Mais ce qui fait leur intérêt majeur, c'est qu'ils ont été écrits par des sages ayant réalisé eux-mêmes le grand passage de l'éveil : ils sont donc fiables. C'est la raison pour laquelle d'un auteur à l'autre les exposés, les descriptions et les symboles concordent, l'expérience énergétique ou mystique propulse "l'aventurier du dedans" dans les mêmes zones de l'univers intérieur.
La Shiva-Samhitâ est un texte relativement récent dont l’auteur nous est inconnu. Complémentaire des autres classiques du Hatha-Yoga, à savoir la Hatha-Yoga-Pradîpikâ, la Gheranda-Samhitâ et le Gorakshasatakam, ce texte traite plus particulièrement de l’aspect philosophique, du fondement métaphysique du Hatha-Yoga ainsi que de la structure subtile de l’être humain et des pratiques s’adressant à ce corps énergétique et mental.
La Shiva-Samhitâ décrit la trame et propose les moyens de pénétrer les formes secrètes de la matière, de l’Univers et de l’être humain. Elle propose également de s’infiltrer dans la nature intrinsèque du mental, dans l’écheveau des pensées pour atteindre et dépasser la source de l’erreur : avidyâ, l’ignorance.
Ce texte se situe directement dans la lignée classique des textes hatha-yogiques, même si quelques colorations bouddhiste ou vedantine apparaissent. Il se différencie du Râja-Yoga classique codifié par Patanjali par le fait qu’il donne une place secondaire aux valeurs morales et vertueuses, préférant considérer le monde, l’humain et les pratiques ascétiques sous l’aspect de l’énergie. Dans cette optique les Yama et Niyama qui codifient ce qu’il faut faire et ne pas faire, le bien et le mal, si chers à l’orthodoxie brahmanique et aux religions en général, ne sont pas mentionnés.